Comprendre le «voile corporatif»

Comprendre le «voile corporatif»

L’article suivant a été écrit par Me Serge Girard, l’entrepreneur qui a fondé Force-Légal Inc.

Comprendre le «voile corporatif»

Il y a quelques jours, j’étais attablé au Duke & Devine’s avec l’un de mes clients entrepreneurs. Alors que nous sirotions un grand verre de céréales (!), mon client m’a demandé ce que voulait dire l’expression «voile corporatif». Un de ses fournisseurs venait de perdre en cour et le juge avait fait grand cas de ce concept.

Cette discussion m’a rappelé que les juristes tiennent souvent pour acquis que tout le monde comprend leur jargon. La réalité est que pour beaucoup d’hommes et de femmes d’affaires, le langage juridique ressemble souvent à du charabia.

Voici comment cela se présente :
Vous décidez de vous incorporer. En suivant les formalités requises par la loi, vous formez donc une société par actions. Dans le langage courant, on parle plus souvent d’une compagnie. Aux yeux de la loi, cette compagnie est une entité distincte de ses propriétaires. La loi traite en effet la compagnie comme une personne, au même titre que ses actionnaires sont des personnes. La différence est que vous et moi sommes des personnes physiques, alors que les sociétés par actions sont des personnes morales.

Supposons que vous ayez un voisin. Vous conviendrez que lui et vous, c’est deux personnes distinctes. Il a ses affaires et vous les vôtres. Et si par malheur il se retrouve en difficultés financières, il n’y a aucune raison pour que ses créanciers vous demandent de payer ses dettes à sa place.

C’est la même chose entre une compagnie et ses actionnaires. Chacun a ses affaires, ou si vous préférez, son patrimoine. La compagnie n’a pas à payer les dettes de ses actionnaires et inversement, les actionnaires ne sont pas responsables des dettes de la compagnie. C’est ça le voile corporatif. Et c’est l’un des principaux avantages qu’un entrepreneur obtient lorsqu’il décide de s’incorporer pour opérer son entreprise.

Il faut toutefois que les actionnaires adoptent un comportement qui respecte cette distinction entre eux-mêmes et leur compagnie. C’est tout particulièrement important pour les compagnies à propriétaire unique. Ainsi, l’actionnaire unique qui utilise les fonds de sa compagnie pour payer sa piscine et ses autres dépenses personnelles, risque fort de perdre le bénéfice de la protection que lui apportait sa compagnie.

Il peut donc arriver des cas où un juge décide de mettre de côté le principe voulant que la compagnie constitue une personne morale distincte de ses actionnaires. On parle alors du «soulèvement du voile corporatif».

Crédit photo : Photo de Amel Majanovic à Unsplash

2014-11-09T21:02:20+01:009 novembre 2014|Divers, Droit corporatif|

Understanding the « Corporate Veil, » an Article by Serge Girard

The following article was written by Me Serge Girard, the entrepreneur who started Force-Légal Inc. and who continues to grow our law firm and succeed in the business world.

Understanding the « Corporate Veil »

A few days ago, I was sitting at Duke & Devine’s with one of my entrepreneurial clients. While we were sipping a big glass of (hops), my client asked me what the expression « corporate veil » meant. One of his suppliers had lost in court and the judge had made much of this concept. His question reminded me that lawyers often take for granted that not everyone understands their jargon. The reality is that for many business people, legal language often looks like gibberish. With that in mind, I wanted to define this heavy term so that anyone facing challenges can better understand their surroundings, no matter what their background may be.

This is how it is:
You decide to incorporate your company. By following the formalities required by the law, you form a joint-stock company. In everyday language, we usually just call it a company. In the eyes of the law, this company is an entity separate from its owners. The law treats the company as a person, just as its shareholders are persons. The difference is that you and I are natural persons, while corporations are legal persons.

Suppose you have a neighbor. You will agree that he and you are two different people. He has his business and you have yours. And if unfortunately he finds himself in financial difficulties, there is no reason for his creditors to ask you to pay his debts in his place.

It’s the same thing between a company and its shareholders. Everyone has their business, or if you prefer, their wealth. The company does not have to pay the debts of its shareholders and vice-versa: the shareholders are not responsible for the debts of the company. That’s the corporate veil. And that’s one of the main benefits an entrepreneur gets when he decides to incorporate to operate his business.

Shareholders must, however, behave in a manner that respects that distinction between themselves and their company. This is especially important for sole proprietorships. Thus, the sole shareholder who uses the funds of his company to pay for his pool and other personal expenses, is likely to lose the benefit of the protection provided by his company.

There may be cases where a judge decides to set aside the principle that the company is a corporation separate from its shareholders. This is called the « lifting of the corporate veil ».

Photo credit: Photo by Amel Majanovic on Unsplash

2021-07-06T21:32:53+02:009 novembre 2014|Corporate Law, Miscellaneous|
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