Le repreneuriat

Le repreneuriat

Voici un cas typique : Claude, après avoir fondé une belle entreprise et en avoir assuré la croissance au cours des trente, quarante dernières années, s’apprête à prendre sa retraite. Mais voilà : Claude n’a pas de relève ni d’acheteur. Claude risque donc de devoir liquider son entreprise et, du même coup, voir s’envoler la plus grande partie de son capital. Jusque-là, c’est le problème de Claude, n’est-ce pas?

Mais c’est oublier le sort de Paul, Michèle, Samuel, Moustafa et des dizaines d’autres, qui verront leur emploi disparaître. Du coup, ils et elles perdront non seulement leur source de revenus, mais une grande partie de leur vie sociale.

Or, c’est le sort qui menace quelque 38 000 entreprises au cours des dix prochaines années.[i] Au-delà des malheurs individuels, c’est la stabilité même de notre économie qui est en jeu.

Pendant ce temps, la nouvelle génération n’a jamais été aussi attirée par l’entrepreneuriat. Selon l’Indice entrepreneurial québécois, développé par le Réseau M, les intentions entrepreneuriales ont triplé entre 2009 et 2016.[ii] En 2017, les femmes étaient presque aussi nombreuses que les hommes chez les jeunes et les nouveaux entrepreneurs, témoignant d’une progression appréciable vers la parité.[iii]

Dans ce contexte, il n’y a pas de raison qu’on ne puisse sauver la majorité des entreprises établies. Mais pour cela, il faut que les nouveaux entrepreneurs envisagent la reprise d’une entreprise existante comme une alternative attrayante à la fondation d’une nouvelle entreprise.

Mettre sa maison en ordre

Le propriétaire qui désire éviter de devoir liquider son entreprise doit d’abord s’assurer qu’elle soit attirante pour un éventuel repreneur. Pour cela, il faut s’assurer que ses états financiers en reflètent la véritable valeur. Ceux et celles qui auront choisi des stratégies visant à limiter les profits pour éviter de payer trop d’impôts auront à ce sujet la tâche plus difficile que les propriétaires capables de démontrer, chiffres à l’appui, que leur entreprise est rentable.

Il faut aussi aider un acquéreur éventuel à bien évaluer son risque. Comme tout investisseur, cet acquéreur voudra autant que possible limiter son risque et s’assurer de rentabiliser son investissement. Le vendeur voudra donc être bien préparé pour l’inévitable étable de diligence raisonnable. Rappelons que cette étape est celle où l’acquéreur révise la situation financière et légale de l’entreprise. Puisque l’acquéreur voudra confirmer que l’entreprise est dûment constituée, qu’elle est propriétaire de ses actifs, qu’elle s’est acquittée de toutes ses obligations légales et contractuelles, bref, qu’elle ne risque pas de faire l’objet d’une série de poursuites judiciaires et de saisies au lendemain de la vente, le vendeur aura tout intérêt à travailler avec ses avocats d’affaires pour bien préparer le terrain.

Trouver le repreneur

L’entreprise peut bien être en bonne situation financière et légale, si personne ne sait qu’elle est à vendre, il peut être difficile de trouver le bon acheteur. Il faut toutefois y penser à deux fois avant de crier sur les toits qu’on veut vendre sa compagnie. Il faut en effet penser à ce que sera la réaction des clients, des employés, des fournisseurs et des compétiteurs, sans parler de celle de la banque.

Différentes avenues s’offrent au vendeur. Parmi celles-ci, le recours à une firme d’avocats d’affaires constitue un moyen de choix. L’avocat d’affaires, par ses contacts, pourra vous mettre en communication avec un acquéreur potentiel. Il peut aussi approcher à votre demande une entreprise active dans votre industrie pour sonder son intérêt à procéder à une acquisition. De cette manière, le vendeur peut prendre contact de manière anonyme avec un compétiteur, sans que celui-ci connaisse l’identité de l’entreprise à vendre avant de s’être engagé formellement à assurer la confidentialité des pourparlers.

Parfois, on cherche très loin ce qui se trouve juste sous nos yeux. Il est très possible que vos meilleurs acheteurs soient vos propres employés. Après tout, ils connaissent votre entreprise presque aussi bien que vous. Et en faisant l’acquisition de leur employeur, ils s’assurent de conserver leurs emplois.

Il peut s’agir d’un de vos employés clés, ou encore de vos cadres. La négociation doit alors être menée avec doigté et diplomatie. Votre avocat d’affaires est normalement un négociateur chevronné et il bénéficie du recul qui peut parfois faire défaut au fondateur de l’entreprise.

Il ne faut pas écarter vos autres employés comme repreneurs potentiels. Grâce à des formes modernes d’organisation, par exemple les coopératives de travailleurs actionnaires, vos employés peuvent répartir entre eux le risque financier, tout en mettant en place une gouvernance capable de réagir avec la souplesse nécessaire dans la gestion commerciale de l’entreprise. Dans certaines conditions, ce sont vos clients qui pourraient être vos meilleurs repreneurs. Par le biais d’autres formes de coopératives, telles que les coopératives de bénéficiaires, ils peuvent se porter acquéreurs de votre entreprise en vue de s’assurer de pouvoir continuer à en recevoir les services. Votre avocat d’affaires pourra vous aider à envisager divers scénarios pour que vous puissiez dénicher les acquéreurs les plus à même d’apprécier la valeur de votre entreprise.

Pour l’acquéreur

L’entrepreneur qui désire acquérir une entreprise existante compte bien entendu bénéficier du fait que celle-ci occupe déjà une place dans le marché. Ce faisant, l’acquéreur peut avancer beaucoup plus vite que s’il avait opté pour la création de toute pièce d’une nouvelle entreprise.

Il faut toutefois éviter de se laisser tromper par les apparences ou s’aveugler soit même en tenant les choses pour acquises sans vérification. Ici, une saine dose de doute peut vous éviter bien des soucis.

Votre avocat d’affaires vous aidera à poser les bonnes questions. Qui est le véritable propriétaire des actifs servant à l’entreprise? Ces actifs sont-ils libres de toute charge? Qui sont les employés clés? Sont-ils liés à l’entreprise par un contrat écrit contenant une clause valide de non-concurrence et de non-sollicitation? Quelles sont les relations entre l’entreprise et ses fournisseurs? L’entreprise a-t-elle dû rappeler de ses produits ou risque-t-elle de devoir le faire? Etc.

Une solution avantageuse lorsqu’elle est bien faite

Que ce soit pour le vendeur qui veut réaliser la pleine valeur du capital accumulé dans l’entreprise, l’acquéreur qui veut rapidement devenir un leader dans l’industrie ou encore les travailleurs qui veulent préserver leur source d’emploi, le repreneuriat constitue un outil formidable. Il recèle toutefois son lot d’embûches. Pour bien réussir, rien ne remplace la préparation et le travail professionnel. C’est en cela que vous aurez tout avantage à rechercher les services d’un avocat d’affaires d’expérience.


[i] Charest, Mathieu, « 38 000 entreprises cherchent repreneurs », dans Les Affaires, 19 mai 2017.

[ii] Ibanescu, Mihai et al. Croissance et internationalisation : les quatre profils de l’entrepreneur québécois sous la loupe. Indice entrepreneurial québécois 2016 du Réseau M., 2016.

[iii]

 

The Buyer

Here is a typical case: Claude, after having founded a good company and having it grow for the last thirty, forty years, is about to retire. But here’s the difficulty: Claude has no succession or buyer. Claude may therefore have to liquidate his business and, at the same time, see the bulk of his capital fly away. All things considered, it’s Claude’s problem, is it not?

But don’t forget the fate of Paul, Michele, Samuel, Mustafa and the dozens of Claude’s employees, who will see their job disappear. As a result, they will not only lose their source of income, but a large part of their social life.

This is the fate that threatens some 38,000 companies over the next ten years. [I] Beyond individual misfortunes, it is the very stability of our economy that is at stake.

Meanwhile, the new generation has never been so attracted to entrepreneurship. According to the Entrepreneurial Index of Quebec, developed by Network M, entrepreneurial intentions tripled between 2009 and 2016. [ii] In 2017, women were almost as numerous as men among young people and new entrepreneurs, testifying to a significant progress towards parity. [iii]

In this context, there is no reason why the majority of established businesses cannot be saved. But for this to happen, new entrepreneurs need to consider taking over an existing business as an attractive alternative to founding a new business.

Get your « affairs » in order

The owner who wishes to avoid having to liquidate their business must first make sure that it is attractive to a potential buyer. To do this, we must ensure that its financial statements reflect their true value. Those who choose strategies to limit profits to avoid paying a big tax bill will have a harder time than owners who can demonstrate, with numbers, that their business is profitable.

It is also necessary to help a prospective purchaser to properly assess his risk. Like any investor, this acquirer will want as much as possible to limit their risk and make sure to make their investment profitable. The seller will want to be prepared for the inevitable burden of due diligence. Remember that this stage is where the buyer reviews the financial and legal situation of the company. The buyer will want to confirm that the business is duly incorporated, that it owns its assets – that it has fulfilled all its legal and contractual obligations, in short. Risking subjection to a series of lawsuits and seizures the day after the sale, the seller will have every interest in working with his business lawyers to prepare the ground.

Finding your Ideal Buyer

The business may be in a good financial and legal position, but if no one knows that it is for sale, it can be difficult to find the right buyer. But wait! You should think twice about shouting from the rooftops that you want to sell your company. It is important to think about the reaction of customers, employees, suppliers and competitors, not to mention that of the bank.

Different avenues are offered to the seller. Among these, the use of a business law firm is a solid and discreet choice. The business lawyer, through his contacts, can put you in touch with a potential buyer. He may also approach a company active in your industry to sound out his interest in making an acquisition. In this way, the seller can make anonymous contact with a competitor, without the latter knowing the identity of the selling company before making a formal commitment to ensure the confidentiality of the talks.

Sometimes, we search far and wide for what is right before our eyes. You should consider that your best buyers might be your own employees. After all, they know your business almost as well as you. And by acquiring their place of employment, they make sure to keep their jobs.

It can be with one of your key employees, or even your executives, but the negotiation must be conducted with tact and diplomacy. Your business lawyer ought to be a seasoned negotiator benefitting from a hindsight that the founder of the company may simply not have.

You should not dismiss other employees as potential buyers. Through modern forms of organization, such as employee shareholder co-operatives, your employees can spread the financial risk among themselves, while building governance that can respond with the flexibility needed to manage the business.

Under certain conditions, it is your customers who could be your best buyers. Through other forms of co-operatives, such as beneficiary co-operatives, they can buy your business to ensure they can continue to receive the services.

Your business lawyer can help you think through a variety of scenarios so you can find buyers who can best appreciate the value of your business.

For the Buyer

The entrepreneur who wants to acquire an existing business obviously benefits from the fact that it already has a place in the market. In doing so, the buyer can move much faster than if he had chosen to create any part of a new company. However, we must avoid being deceived by appearances or blinded by a lack of verification. Here, a healthy dose of doubt can save you a lot of trouble.

Your business lawyer will help you ask the right questions: Who is the true owner of the assets used in the business? Will these assets be free of charge in the transaction? Who are the key employees? Are they related to the company by a written contract containing a valid clause of non-competition and non-solicitation? What are the relationships between the company and its suppliers? Has the company had to recall products or is it likely to have to do so? There are many other questions that your business lawyer will ask to help minimize any mystery surrounding your purchase.

An Advantageous Solution, When it is Well Done

Whether for the seller who wants to realize the full value of the accumulated capital in the company, the buyer who wants to quickly become a leader in the industry or the workers who want to preserve their source of employment, the buyer makes up a profoundly important part of a business acquisition. To succeed, nothing can replace preparation and professional work and

This is where you will benefit from seeking the services of an experienced business lawyer.

 

References:

[i] Charest, Mathieu, « 38 000 entreprises cherchent repreneurs », dans Les Affaires, 19 mai 2017.

[ii] Ibanescu, Mihai et al. Croissance et internationalisation : les quatre profils de l’entrepreneur québécois sous la loupe. Indice entrepreneurial québécois 2016 du Réseau M., 2016.

[iii]

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